La ville de Doba, chef-lieu de la province du Logone Oriental et capitale du pétrole tchadien, est plongée dans l’obscurité depuis plus de deux mois. Administrations, entreprises, commerces et ménages, aucun secteur n’échappe à cette longue coupure d’électricité qui perturbe profondément la vie quotidienne et l’activité économique.
Cette ville qui a permis au Tchad d’intégrer, en 2003, le cercle des pays producteurs de pétrole se retrouve aujourd’hui privée de l’énergie indispensable à son fonctionnement.
Si les conséquences sont visibles partout, les véritables causes de cette panne prolongée restent floues. Pour une grande partie de la population, l’argument selon lequel la Société Nationale d’Électricité manque de carburant pour alimenter ses groupes électrogènes est difficilement acceptable. Beaucoup y voient une contradiction, voire une forme de mépris, dans une ville entourée de champs pétroliers.
« Comment peut-on expliquer un manque de carburant alors que les puits de pétrole sont à quelques kilomètres seulement de la ville ? C’est incompréhensible », s’indignent plusieurs habitants.
Au-delà des difficultés techniques, certains pointent du doigt un manque de volonté politique. Ils estiment que les autorités et les élites de la province n’ont pas pris les initiatives nécessaires pour trouver une solution durable.
Pour plusieurs citoyens, le raccordement de Doba au réseau électrique de Komé demeure la seule solution pour mettre terme aux coupures récurrentes d’électricité.
« Il suffirait que nos élites portent ce dossier et exigent le raccordement de la ville au réseau électrique de Komé pour mettre fin à ce calvaire. Malheureusement, la plupart ne vivent pas ici et personne ne semble réellement se préoccuper du sort de la population », déplore un habitant.
Pendant ce temps, les conséquences s’aggravent de jour en jour. Les activités économiques tournent au ralenti, les services administratifs fonctionnent difficilement et les ménages doivent s’adapter à un quotidien rythmé par l’absence d’électricité.
