Le décret n°2265/PCMT/PMT/2022 déterminant la composition et les attributions des cabinets ministériels confie à l’Attaché de presse plusieurs missions. Il s’agit, entre autres, de rendre visible et lisible les activités du Ministère et de jouer le rôle d’interface entre le Ministère et les médias.
Malgré l’importance stratégique de cette fonction, elle demeure largement sous-estimée dans de nombreuses institutions publiques. Dans plusieurs cas, les postes d’Attaché de presse sont confiés à des personnes qui ne remplissent pas les critères professionnels requis et ne disposent d’aucune formation ni expérience en communication institutionnelle. Les nominations reposent davantage sur des considérations politiques, familiales ou relationnelles que sur les compétences.
Cette situation marginalise les professionnels de la communication formés pour exercer cette responsabilité et affaiblit considérablement la qualité de la communication publique. Une communication institutionnelle efficace ne s’improvise pas. Elle exige des compétences techniques et une parfaite maîtrise des médias.
Lorsque la fonction d’Attaché de presse est exercée par des personnes non qualifiées, l’image des départements ministériels est affectée. Les actions du gouvernement sont insuffisamment mises en valeur, les informations parviennent difficilement à la population et les efforts consentis par les institutions restent parfois méconnus du grand public.
En principe, le ministère de la Communication, qui pilote la mise en œuvre et assure le suivi de la stratégie de communication du gouvernement, devrait être pleinement associé au processus de nomination des Attachés de presse afin de garantir le respect des critères professionnels. Pourtant, dans la pratique, ce département est rarement consulté.
Par ailleurs, une autre difficulté compromet l’efficacité de la communication publique. Les Attachés de presse chargés de rendre visibles les activités de leurs ministères sont écartés des missions à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Cette pratique prive les ministères de leurs principaux relais institutionnels et crée un vide dans la production et la diffusion de l’information officielle.
Or, les Attachés de presse sont les mieux placés pour assurer la couverture médiatique des activités de leur département, produire des contenus adaptés aux différents supports de communication et garantir la cohérence du message institutionnel. Leur implication dans les missions officielles permettrait de renforcer la visibilité de l’action gouvernementale et d’améliorer la circulation de l’information auprès des citoyens.
Au-delà d’une simple question d’organisation administrative, il s’agit d’un enjeu de gouvernance, de transparence et de redevabilité. Les citoyens ont le droit d’être régulièrement informés des actions menées par les institutions publiques, des résultats obtenus et de l’utilisation des ressources publiques. Une communication institutionnelle professionnelle constitue donc un levier indispensable pour renforcer la confiance entre l’État et la population.
Il apparaît aujourd’hui nécessaire de revaloriser la fonction d’Attaché de presse en privilégiant les compétences lors des nominations, en associant davantage le ministère de la Communication au processus de sélection et en impliquant les professionnels de la communication dans toutes les activités officielles des départements ministériels. C’est à ce prix seulement que la communication publique pourra pleinement jouer son rôle au service de l’information, de la transparence et de la bonne gouvernance.
Ahmat Adoum Moussa
